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Mettre en image les violences au XIXe siècle

ECR French Nineteenth-Century Art Network presents:

Mettre en image les violences au XIXe siècle

Thursday 30 April,

18:00 (CEST) // 17:00 (BST) // 12:00 (EDT) // 09:00 (PDT)

This Network Session will be in French but Q&A will be in both French and English - feel free to come and ask your questions in the language you feel the most comfortable in ! 

Cette séance propose une réflexion sur la transversalité des violences dans la France du long XIXe siècle en mettant en regard les violences sexuelles envers les femmes et les violences qui sous-tendent les représentations animales. À partir de corpus d’images et de textes, les deux interventions interrogent les régimes de représentation et les logiques de domination qui structurent l’imaginaire visuel de la période. En prenant pour point de départ deux objets distincts — les représentations mythologiques impliquant le corps féminin et la production d’images animales dans le contexte du développement des sciences naturelles — cette séance invite à penser la violence comme un phénomène structurel qui traverse les discours, les pratiques et les formes artistiques. Elle s’intéresse en particulier aux cadres visuels et discursifs qui rendent certaines violences représentables, pensables ou, au contraire, difficiles à nommer.

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This session offers a reflection on the transversality of violence in long nineteenth-century France by placing sexual violence against women alongside the forms of violence that underpin animal representations. Drawing on corpora of images and texts, the two papers examine the regimes of representation and the structures of domination that shaped the visual imagination of the period. Taking as their starting point two distinct objects — mythological representations involving the female body and the production of animal imagery in the context of the development of the natural sciences — the session invites us to consider violence as a structural phenomenon that cuts across discourses, practices, and artistic forms. Particular attention is given to the visual and discursive frameworks that render certain forms of violence representable and thinkable, while making others difficult to name.

Intervenantes / Speakers : 

Mathilde Leïchlé (Université Paris Cité / CERILAC) : “Violences sexuelles, iconologie et métamorphoses animales (France, second XIXe siècle)”

Entre 1857 et 1908, cent trente œuvres exposées aux Salons parisiens traitent explicitement du thème de Léda et le cygne tandis que d’autres l'évoquent en créant une porosité entre le mythique et le contemporain, phénomène tout à fait représentatif du rapport aux mythes des artistes de ce temps. Des cimaises des Salons aux dessins de presse, des romans aux traités de médecine légale, nous verrons dans quelle mesure cet épisode est choisi pour représenter d’une façon plus explicite un accouplement qui est, en réalité, un viol opéré par surprise. Alors que le corps animal permet de signifier la pénétration et le pénis en évitant la censure, plusieurs stratégies d’évitement sont développées par les critiques et écrivains pour ne pas dire ce viol.

Biographie : Doctorante en histoire et sémiologie du texte et de l’image, Mathilde Leïchlé prépare une thèse sur les images et imaginaires des violences sexuelles faites aux femmes et aux filles en France entre 1857 et 1908 (Université Paris Cité / CERILAC). De 2021 à 2025, elle a été chargée d’études et de recherche à l’Institut national d’histoire de l’art. Elle a auparavant travaillé pour plusieurs institutions (Davis Museum, Musée d’Orsay…) et a collaboré à diverses publications (catalogues d’exposition, revues scientifiques, répertoire biographique d’AWARE…). Elle a également co-dirigé le numéro de la revue GLAD! sur les Constellations créatrices (2022) et le Brouillon pour une encyclopédie féministe des mythes (2023, éditions iXe).

Dr. Marie-Charlotte Leïla Lamy (Universität Basel) : “Quelles violences sous-tendent la fabrication de l’image animale ?”

Les êtres non-humains envahissent la culture visuelle du XIXe siècle, devenant davantage visibles avec l’émergence des zoos et des musées d’histoire naturelle. Cette production picturale montre un réel intérêt pour la reconstitution de l’animal vivant et en mouvement, toutefois fabriquée à partir de modèles captifs, voire morts ou encore fragmentés par la dissection anatomique. Lors de cette intervention, il sera question de s’interroger sur les conditions imposées aux animaux pour pouvoir tirer leur portrait, en retraçant leur parcours de l’extraction de l’habitat naturel jusqu’à l’implantation dans des enceintes de monstration.

Biographie : Marie-Charlotte Lamy est PostDoc à l’Université de Bâle dans le projet de recherche FNS Killing to Keep – Violent Field Practices and Natural History in the Age of Empire. Ses recherches et ses publications sont consacrées à la relation humain-animal et l’histoire de la zoologie par l’étude de la culture visuelle et matérielle. Elle a réalisé une thèse de doctorat sous la direction de Valérie Kobi (Université de Neuchâtel) et d’Ersy Contogouris (Université de Montréal), intitulée Animal impérial. Conquérir (par) le savoir zoologique dans les ménageries postrévolutionnaires et soutenue à l’été 2025 à l’Université de Neuchâtel.

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